Managers, osons lâcher prise !


Vous n’arrivez pas à retrouver le nom de ce célèbre auteur ? Vous vouliez intervenir en réunion, mais vous avez oublié votre idée entre temps ? Vous êtes face à un challenge professionnel mais vous n’en voyez pas l’issue ? Vous avez oublié vos clefs et ne les retrouvez plus ? ...

 

Nous avons tous déjà vécu, dans notre vie professionnelle ou personnelle, un moment où nous avons été ralenti, voire bloqué. Et, pour la majeure partie d’entre nous, nous nous raidissons devant ce mur, nous nous agaçons, nous nous épuisons à essayer de trouver une issue. Est-ce réellement la bonne façon de voir et faire les choses ?

 

Think out the box ? 

 

Insuffisant ! Bien essayez tout de même : car il s’agit là du minimum minimorum dans notre univers en prise à pléthores de transformations disruptives et digitales. Vous voulez toujours trouver une solution et, plus grave, vous allez consommer davantage de ressources (organisationnelles, financières, temporelles, techniques, etc.) dans le seul et unique but de résoudre cette équation à plusieurs inconnus et pire, vous en avez conscience... En effet, agir de la sorte par le truchement d’une opération outdoor conduira à des résultats souvent bien modérés.

 

Certes, nous sommes un brin, voire beaucoup, formatés par notre système éducatif. Nos parents nous préparent à l’aventure telle qu’ils l’ont connu dans les 30 glorieuses. L’environnement socio-économique nous imbibe et nous influence. Tous ces éléments font que nous devons, non pas nous flageller, mais plutôt être davantage bienveillant et clément envers nous-même car nous en faisons souvent déjà beaucoup trop que ce que nous devrions et pire, souvent,  pas dans le bon sens (de nos intérêts)...

 

Certes quelques trucs et astuces peuvent nous aider à surmonter le stress, la pression : nous lever, marcher un peu, se décentrer, établir un management visuel etc. Autant de trucs et astuces employés depuis des lustres au sein des fablabs, learning centers, et agences de consulting dignent de ce nom (comme ici : http://goo.gl/xTYKFd). 

 

Mais parfois, et de plus en plus, ces techniques constituent aussi une stratégie d’évitement. Eviter quoi ? Evitez qui ? Vous-même pardi !

 

« S’auto-courcircuiter », distraire votre attention, pour vous rendre davantage performant, productif.

 

Un projet, comme disait l’autre, c’est du sang, des larmes et de la sueur. Des nuits blanches à écrire parfois des documents que nul autre que vous ne lira… Triste réalité de notre monde professionnelle parfois ubuesque au service unique du présentéisme et de la facturation, qu’il faut désormais savoir regarder en face (avec l'aide de la génération Y) pour la partager ensuite en interne puis avec nos clients pour procéder enfin différemment au service de notre intérêt collectif et individuel. 

 

Pensons-nous assez à l’autre partie de ce cerveau (aussi rationnel soit-il), qui nous relie vers nos émotions ? Les écoutons-nous ? Pensons-nous assez à notre corps ? A ce mal de dos, à ces problèmes gastriques, à ces maux de têtes réguliers qui nous gâches parfois la vie ?... Souvent pas assez si l'on se réfère aux nombreuses études sur les troubles musculosquelettiques notamment (TMS pour les intimes). 

 

La faute à qui ?

 

Il faut bien reconnaître que tout cela a été effacé de notre logiciel par le culte de la Performance. Combien de clones s’habillent, marchent, se conduisent, pensent de la même façon au sein des quartiers d’affaires ? Pléthore… Et pléthore de perte de productivité en sus… Une simple question de management de la diversité ? Peut-être, mais je vous invite à investir encore plus profondément la question.

 

Elargissons le sujet au domaine de notre sphère personnelle (non cela n’est pas un vilain mot ou une quelconque tentative d’ingérence du business dans votre mode de vie par votre humble serviteur, je vous rassure ;) ).

 

Quelques questions pour commencer. Libre à vous d’y répondre.

 

Nous conduisons nous de la même façon dans le monde de l'entreprise qu'avec nos ami(e)s, notre conjoint(e), nos enfants ? Souvent pas de façon aussi naturelle ! Certes, il y a des codes, des usages, des valeurs qui semblent l’expliquer.

 

Mais sommes-nous prêts en tant qu’individu à faire une croix sur ce qui nous définit en tant qu’être humain et qui pourrait d’ailleurs devenir une source de richesse pour nous en tant qu'expert ou manager et… aussi pour notre cher employeur ?

 

Le lâcher prise, c'est quoi ?

  1. La première étape du lâcher prise consiste dès lors à identifier tous nos bagages et d’en déposer le maximum à terre. Vous n’êtes pas responsable de tout. Vous ne pouvez pas tout contrôler. Votre manager, votre compagne/compagnon, vos enfants, vos amis sont des êtres responsables de leurs actes. Vous n’êtes pas responsable de tout ! Ouf !
  2. La seconde étape réside dans l’identification de nos dépendances relationnelles, souvent facteurs de dysfonctionnement. Etre tourné vers les autres, c’est sans doute souvent une qualité, mais attendre trop de son environnement familial ou professionnel peut nous entrainer à nous oublier nous-même… Et de devenir ainsi un malheureux pion qu’on déplace en fonction des désidératas et intérêts d’autres partis, aux intérêts convergents ou divergeants, biens… ou mal intentionnés. Etes-vous prêt à vous livrer à ce dangereux jeu de hasard ? Soyez acteur et non victime ! Vous avez autant prise sur le réel que les autres. Le principal étant d’en prendre conscience.
  3. La troisième étape réside dans la curiosité. faire preuve de curiosité et tester une ribambelle d’activités qui, jusqu’alors, restaient des portes souvent fermées par des barrières mentales. Pourquoi se livrer à un tel exercice ? Pour justement faire parler nos émotions, et leur laisser de la place, pas toute la place, bien entendu. Comme l’écrivait Michel CROZIER, l’être humain n’est ni un cœur, ni une main mais une tête ;) C’est donc avant tout plutôt une histoire de rééquilibrage que d’un grand chambardement psycho-socio-intello ;) Alors ouvrez-vous vers d’autres horizons ! Cette liste étant un exemple à enrichir par vous seul :
  • Voyagez (sans portable).
  • Dessinez.
  • Pratiquez le modelage à la glaise : laissez parler vos mains elles vous dirons beaucoup !
  • Découvrez la sculpture sur plâtre (pour commencer ;) ).
  • Mettez-vous au streching et à la relaxation.
  • Méditez (nous ne parlons pas ici de religion mais de méditation).
  • Pratiquez des sports que vous ne pratiquiez plus.
  • ...

Sans autre pensée que l’instant et l’heure d’après.

 

Laissez-vous du temps ! Votre premier manager, c’est vous ! Alors pied sur le frein, et main sur le frein à main !

 

Vous (re)découvrirez dès lors que l’Homme n’est point une machine, un automate. Que l'enjeux et le sens que vous mettez dans vos actions quotidiennes sont peut-être surdimensionnés par rapport au réel, voire un contre sens eu égard à vos aspirations personnelles, à vos valeurs, et parfois même à contre sens par rapport aux enjeux mêmes des projets que vous souhaitez conduire ! La quête du sens en somme. Vous suivez toujours ;)

 

Ainsi, vous (re)deviendrez vous-même. Et tracerez votre propre route. Ici, ou ailleurs… 

 

« Un dossier de plus patron ? » (avec le sourire)

« Avec plaisir mais dans le respect réciproque de nos modes de fonctionnement souvent distincts. »

 

Toujours au service du business et des talents !