Achète-moi ! Si tu peux …


La Fonction Achats est aujourd’hui un véritable business partner. L’acheteur, devenu intrapreneur, voit des possibilités et des solutions là où les autres voient des problèmes. Ce nouveau manager Achats saisit ces opportunités au service de la stratégie de l’organisation. Cet agent de la transformation soutient l'activité globale, la croissance de l'entreprise via notamment la mise en place de dispositifs design to cost avec les fournisseurs (coproduction) et l’assistance des business partners : recueil des besoins, anticipation (à l'affût de nouvelles pratiques et de fournisseurs innovants - Red ocean / Blue ocean) tout en pilotant les contrats en cours. 

 

Avec le recul, mes plus grands succès en ce domaine ont été liés à la collaboration avec les prospects et partenaires bien en amont des appels d’offres. J’ai profité de toutes occasions pour donner du feed-back aux achats et clients finaux, pour mailler le terrain par la qualité des livrables amonts - catalogue de services uniformisés lors de réponses en pool de cabinets, propositions commerciales.

 

Toutefois, il faut le reconnaître, la qualité des rapports humains était souvent dégradée par la mise en œuvre de méthodes de management davantage orientées « pilotage des risques » que « pilotage par les enjeux », s’éloignant malheureusement trop souvent du sens et de l’action (approches holistiques top down / voire certifiantes à l’excès) : 

  • balanced scorecards trop lourdes et techniques en mise en œuvre, système de reporting ascendant informatisé de type usine à gaz, vécu comme une contrainte par les métiers ;
  • contrats cadres/appels d’offres trop rigides voir défensifs (ex. : pénalités de retard démesurées par rapport à l’objet du contrat et son domaine d’application, expression du besoin trop standardisée, désincarnée),
  • SLA trop complexes et lourds à exploiter (dans le domaine assuranciel et bancaire notamment),
  • certification d’acteurs à des méthodes telles que 6 sigma : devenant davantage un moyen de sélection des hauts potentiels tout en s’éloignant d’une spirale de Juran ou d’une roue de Deming au service du sens et de l’action (et du business partner à servir !). 

 

Aussi, le « touché » métier du manager des Achats me semble être davantage de parvenir, en toute agilité, à :

  • réduire le nombre de fournisseurs sans être trop manichéen, trop rationnalisant au risque de tuer la diversité, la créativité et donc l’innovation (ex. : efficience opérationnelle) ;
  • garantir une qualité de services, via SLA unifiés, tout en laissant un certain degré d’autonomie au local ;
  • animer des communautés de pratiques (fonctionnement en réseaux) ;
  • et de faciliter la transversalité grâce au digital sans trop surcharger la palette d’outils collaboratifs : trop d’outils collaboratifs tue la collaboration !
  • et ce, au meilleur rapport qualité prix comme ici : http://goo.gl/xTYKFd.

 

En somme, bâtir une stratégie achats, en toute humilité, me semble assez proche de l’élaboration d’une stratégie pour un autre type de business partner que j’assiste (RH, Marketing, Finance / comptabilité, DSI, Direction de l’immobilier, …). Tout en prenant garde de ne point obérer la capitalisation des bonnes pratiques et techniques métiers fondamentales des Achats qui, comme tout métier, constituent l’ADN de cette honorable profession (ex. : processus propres Achats / Approvisionnements, spend management, techniques de négociation et de gestion des risques spécifiques, développement durable vs green washing & coûts, pilotage de la performance spécifique vs utilisation du big data par exemple pour l’achat des matières premières …).

 

Toujours au service du business et des talents !